Felix – Felix the Saiz

FelixFelix the Saiz

Rencontre

Les évènements reprennent chez Peinture Fraîche ! Pour l’occasion nous sommes très heureux·se de vous convier au lancement du livre Felix par Felix the Saiz et édité par les éditions Le Mulet le jeudi 8 septembre de 15h à 19h.

L’évènement aura lieu simultanément dans trois espaces. Retrouvez également “Felix” au Comptoir du livre à Liège ainsi qu’à la galerie L’enfant sauvage à Bruxelles.

Rien de bien neuf, le plafond s’effrite, la peinture s’entache, ce sont des usures de fatigue, des raisons sans raison fournies à l’aube de la dégradation – l’architecture en berne – des quatrièmes de pages jonchent le sol, il s’agit de littérature en attente de moments venus.

Cet extrait, tiré d’un inédit de Félix The Saiz, reflète, en quelque sorte, l’esprit de la série proposée ici en vue d’un projet d’édition. Usures de fatigue, raisons sans raison, quatrièmes de pages, littérature en attente de moments (déjà) venus : tout est là, sur ces affichettes A4 dont le photographe a glané l’image au fil des rues, six années durant.

Le mot littérature n’est pas de trop : il dit que ces chats perdus dont on devine l’aura plus que la silhouette et les yeux – voire parfois un seul œil – plus que l’expression, ces images qui ressemblent à des pans de murs effrités, racontent autant d’histoires. Les contempler c’est se perdre dans un territoire qui n’est plus celui des humains, ou si peu, un territoire en marge, parcouru par des créatures furtives, familières de la survie comme celles qui hantent un certain cinéma des années septante, celui de la résilience et de la nostalgie.

Paradoxe. Ces individus si personnels que sont les chats, que l’on prétend aimer pour leur indépendance, soudain nous manquent, terriblement. Une fois disparus, ils n’illustrent plus la liberté triomphante, celle qui vaque d’îlot en îlot et de cour en jardin en autant d’expéditions secrètes. Non. Une fois laborieusement fichés, racontés en quelques lignes naïves sur une photo plus ou moins réussie, ils incarnent l’angoisse de l’amour perdu, la quête de retrouvailles improbables et une éternité de questions sans réponses.

Car les chats ont des raisons sans raison, c’est bien là leur essence. Ils errent, et tout humain qui les recueille devrait savoir que chaque semaine, chaque année gagnée sur la disparition ou la mort est une victoire de cette sauvagerie qui jamais ne les abandonne. Si nous les recueillons, c’est pour un temps, si nous les aimons, c’est pour nous-mêmes. Vivants, inséparables de la merveille de l’instant, ils sont les miroirs de nos solitudes et de nos joies. Disparus, ils deviennent autant de souvenirs pieux, d’ex-voto en forme d’affichettes que le passage des saisons dégrade, que l’humidité fait mousser, petits fantômes, images spirites. Ces affichettes couturées d’intempéries sont à l’image de la vie de celui qui les a repérées et choisies pour des tirages soigneusement médités, dont l’apparence conservera l’esprit de ces fantomatiques trouvailles.
Caroline Lamarche, 12/08/2021

10 Rue du Tabellion à 1050 Bruxelles

Ouvert du mardi au Samedi 10h30 - 18h30

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