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Benjamin MoserSontag - Her Life

28.00 EUROS

Sélection de Chantal Pattyn pour sa vitrine.

Il y a cinq ans, j’entre dans une petite galerie de Chelsea. On y expose des œuvres de Peter Hujar qui, malgré sa vie trop courte – il est mort du sida, la maladie de son temps – avait fait le portrait d’un échantillon représentatif de l’avant-garde et de la pègre de New York. Mon œil gauche, le plus lent des deux, s’attarde sur son portrait de Susan Sontag. Elle est allongée sur un canapé, apparemment détendue, car elle était alors très proche de Hujar et de son ami Paul Thek, avec qui elle a eu une liaison (je l’ai lu dans le livre de Benjamin Moser). En leur compagnie, elle devait se sentir détendue, mais en même temps se méfier de l’agression de l’appareil photo. Mais sur cette photo, elle dégage tant de charme et d’autorité que j’ai gardé le carton de la galerie sur mon bureau pendant des années. Avec Susan dans les parages, on fait toujours de son mieux. 

J’ai été élevée avec son héritage. Against Interpretation et On Photography sont des ouvrages indispensables pour ceux qui veulent être capables de commenter des images. Bien des années plus tard, j’ai chéri son The Vulcano Lover. C’était l’un de ces romans qui rassemblaient tout ce que désirait ma jeune vie de l’époque : l’amour, Naples et la façon dont l’histoire de l’art était écrite dans le contexte de l’impérialisme politique. Sontag était particulièrement présente dans nos vies lorsqu’elle a décidé de mettre en scène Beckett dans Sarajevo assiégée. 

Benjamin Moser a écrit une biographie magnifique de Susan, la fille la plus intelligente et la plus belle de Harvard. Je l’ai vue dans le lit de sa mère Mildred, une mère intoxiquée à la vodka et aux pilules, qu’elle adorait. Bien qu’elle ait dit plus tard : Je n’ai pas de mère. Puis la thèse s’est rapidement imposée que Susan, qui a perdu son père très tôt, se concentrait sur l’avenir et non sur le présent. Elle a immédiatement pris le nom de son beau-père : Sue Rosenblatt est devenue Susan Sontag. Cela sonnait un peu moins juif. Encore étudiante, c’est elle qui fixe la norme. Elle pouvait être fantasque et exigeante. Elle était lesbienne, malgré un mariage précoce et la naissance de David, mais elle voulait surtout être Susan, la meneuse et la battante qu’elle a inventé à l’âge de 11 ans.

Elle a eu beaucoup d’amants et de maîtresses, mais elle ne voulait pas que sa vie privée détermine l’interprétation de son œuvre. Elle n’est donc pas devenue un symbole du féminisme, ni du mouvement gay. Elle n’a jamais annoncé Annie Leibovitz comme sa partenaire. Mais c’est Annie qui l’a emmenée chez les meilleurs médecins, lui a acheté un appartement et a pris les terribles photos d’une Sontag en phase terminale juste avant qu’un dernier vol ne l’emmène de Seattle à New York.

J’ai beaucoup appris de la biographie de Benjamin Moser, récompensée par le prix Pulitzer l’année dernière. Comment elle s’occupait de ses proches et d’elle-même. Comment elle ne pouvait jamais être seule. Comment elle criait sur les gens. Non, le portrait n’est pas beau. Je m’attendais à plus d’empathie de la part d’une femme aussi engagée politiquement. Son travail était brillant, sa vie une croisade. Et je l’aime et l’adore toujours. 
Chantal Pattyn

“Susan Sontag était notre dernière grande vedette littéraire. Son esprit brillant, son activisme politique et son image frappante ont fait d’elle un emblème des séductions – et des dangers – du monde du vingtième siècle.

Ses écrits sur l’art et la politique, le féminisme et l’homosexualité, la célébrité et le style, la médecine et les drogues, le fascisme et le freudisme, le communisme et l’américanisme, reflétaient les significations contradictoires d’un mot très conflictuel : la modernité. Elle était là lorsque la révolution cubaine a commencé et que le mur de Berlin est tombé, au Vietnam sous les bombardements américains, en Israël en temps de guerre. Sontag raconte ces histoires et examine l’œuvre sur laquelle sa réputation était fondée, explorant la femme privée cachée derrière le formidable visage public.

S’appuyant sur des centaines d’entretiens réalisés de Maui à Stockholm et de Manhattan à Sarajevo – et présentant près d’une centaine d’images, dont beaucoup n’ont jamais été vues auparavant – Sontag est le premier livre basé sur les archives restreintes de l’écrivain et sur l’accès à de nombreuses personnes qui n’ont jamais parlé d’elle auparavant, notamment Annie Leibovitz. C’est un portrait indélébile de l’un des plus grands penseurs du XXe siècle, qui a vécu l’une des vies les plus romantiques – et les plus angoissantes – de ce siècle.”

  • Benjamin Moser
  • Penguin
  • Langue Anglais
  • Publication2020
  • Pages832
  • Format19.5 x 12.7 cm
  • ISBN9780141977898

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