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La chambre, Raymond Depardon

Raymond DepardonLa chambre

120 EUROS

” Tout le monde connaît Raymond Depardon. Personne ne connaît Raymond Depardon. Il en va ainsi de la plupart des artistes simplement importants, ils sont plus souvent des jalons, des témoins, d’une époque que des briques qui aideraient à la construire. Seuls quelques peintres, à peine plus de musiciens, deux trois cinéastes et quelques œuvres sans auteur (sans auteur dont le nom, la biographie ou les intentions auraient surnagé) font partie de l’équipe de l’air du temps. Les autres peuvent être percutants, décisifs, pionniers, ce qu’on veut, avoir des fans, des rayonnages d’exégèse, des thèses et des synthèses, ils resteront, et ce n’est pas si mal, du petit gibier de l’Histoire…
Encore ici, un exemple qui pourrait chagriner, un immense auteur, Depardon, père de milliers de bonnes photos, de dizaines de grandes photos !, de livres définitifs, non, il n’aimerait pas définitif, disons de dizaines de livres qui vont jusqu’au bout de la pensée à partir d’un point de vue, qui mènent un point de vue jusqu’à ce qu’il lui soit possible de faire entièrement sens. Et bien Depardon n’est pas assez connu. Et ne le sera jamais. Ici, à la demande du regretté Xavier Barral, et sous les touches agiles de son équipe d’édition, sort un livre, encore un, un de plus, qui fait ça, comme on dit « Ça, c’est fait ! », qui ferme un pan de la photographie, faudra faire autre chose les talents de demain (mais il y a de la place).
Ce livre s’appelle La Chambre et aurait pu parler de plusieurs chambres de Depardon, celle qui enferme le patient psychiatrique, celle de la jeunesse de chacun que l’on ne quitte jamais, celle de la ferme où il est né et qui serait si archétypale de la ruralité française des années 50 qu’elle résonnerait encore dans l’aujourd’hui. J’ai pensé à tout ça, moi qui connaît Raymond (l’artiste, pas l’homme, je crois que n’oserais pas lui parler )!, et je n’étais pas si loin au fond parce qu’il est bien question de photographier encore la ferme de sa jeunesse, la ferme du Garet, mais la chambre dont il est question, c’est la chambre technique, la chambre photographique, cet instrument du photographe à la pose longue et au format pré-défini, et c’est elle le vrai sujet ou le vrai catalyseur du sujet.
Donc, disons-le, ce livre est une merveille. Chaque image inclut le temps, l’emprisonne comme Albertine et comme nous le sommes tous dans nos mémoires et nos histoires. Ici c’est la mémoire de Raymond, mais chacun y trouvera la sienne s’il (ou elle) est suffisamment contemplati(f)ve. Mais donc encore, et pour faire la boucle avec mon intro agacée, cette merveille dont chaque image est collée à la main uniquement sur le bord supérieur du papier, et positionnée dans une cuvette marquée à sec au format du négatif original (les images sont donc reproduites à l’échelle 1 et apparaissent tel un tirage collé dans un album), cette merveille, vendue certes 120 euros, voilà t’y pas que, contre toute attente, il m’en reste en magasin ! Scandale !
Disons encore, en suivant le dossier de presse, que l’ouvrage questionne le rapport au temps et le concept universel de la mémoire, aussi dans un texte du philosophe Jacques Rancière, écrit spécialement pour le livre. Bon. Tout est dit. Ce livre est un bonheur. Courez-y vite, il va filer. ”

Philippe Demoulin 

Exemplaires signés et numérotes /500. Texte de Jacques Rancière en français uniquement.

34 photographies couleurs collées à la main, au format d’origine.

  • Atelier XBE
  • Langue Français
  • Publication2020
  • Format295 x 245 cm
  • ISBN9782365112796

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